Projet Manje Lakay

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Fiche technique 

Budget :                             DEUX MILLIONS D’EUROS (€ 2,000,000.00)

Titre du projet :                Formation, encadrement et établissement d’une micro-franchise pour les machann manje kuit

Lieu du projet :                 Turgeau, Port-au-Prince et ses environs, Haïti

Durée du projet :              36 mois

Objectifs du projet :        Créer une micro-franchise destinée aux machann manje kuit garantissant la qualité de l’offre afin d’attirer de nouveaux consommateurs et briser ainsi le cycle de la pauvreté qui veut que les pauvres ne produisent que pour les pauvres.

Former les bénéficiaires à la gestion d’une micro-entreprise de restauration/ mettre en place une micro-franchise d’échoppes de nourriture spécialisée dans la cuisine locale/créer un réseau de restaurateurs à travers le pays/ établir un système de crédit et un réseau de distribution à l’intention des restaurateurs Manje Lakay/ garantir la qualité des produits et du service par la mise en place d’un service d’inspection.

Groupe cible :                   Secteur informel haïtien, restaurateurs informels

Bénéficiaires finaux :      les machann manje kuit, les consommateurs, les producteurs, les artisans, la population haïtienne

Activités principales :      Formation à la gestion d’entreprise, en qualité, santé, sécurité et environnement (QSE) et au renforcement des capacités managériales / Construction d’échoppes adaptées/Construction de magasins d’approvisionnement/ Mise en place d’un système d’approvisionnement et de distribution/ Mise en place d’un système de crédit/ Mise en place d’un système d’inspection/ Mise en place d’un système de traitement et de ramassage d’ordures/Promotion de la micro-franchise et établissement du label Manje Lakay.

Résultats estimés :          Permettre à un millier de micro-entrepreneurs d’améliorer, de renforcer et de rentabiliser leurs entreprises de restauration / Offrir une nourriture de qualité, peu chère et accessible à un maximum de consommateurs.

Présentation générale

En 2002, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) constate la « réalité incontestée » de l’importance croissante du secteur informel, soulignant « son ampleur et sa complexité grandissantes dans la vie économique, sociale et politique des pays en développement»[1]. En Haïti, ce secteur est particulièrement bien représenté par les machann manje kuit, ces vendeurs de nourriture installés à des coins de rue, sur des trottoirs, à l’entrée d’un corridor, aux abords des chantiers ou d’une station d’autobus. Généralement maintenues à coups de ponya[2], entre deux faillites inévitables, ces micro-entreprises de restauration alimentent et assurent la survie – au propre comme au figuré –  tant des autres micro-entrepreneurs du secteur informel que des ouvriers du secteur formel, en particulier dans les secteurs de la construction et de la sous-traitance.

Le projet Manje Lakay[3]  reconnait le rôle primordial de ce secteur dans l’économie haïtienne, son rôle incontournable comme lieu d’insertion et de professionnalisation de jeunes et de personnes marginalisées, majoritairement féminins, ainsi que de lieu de plus en plus important de création d’activités et d’emplois. Manje Lakay prolonge et continue les actions de la Direction des Affaires Étudiantes et du volontariat social de l’université Quisqueya (daé) en faveur des machann manje kuit  de la zone de Turgeau depuis décembre 2011 dans le cadre de ses Konbit Soup Lendepandans[4], en leur offrant une formation et un encadrement adaptés visant à renforcer leurs capacités managériales, augmenter leur autonomie, améliorer la qualité des produits et services offerts et attirer et garder de nouveaux consommateurs. C’est un projet fondé sur la conviction que l’accroissement des compétences de ceux qui travaillent dans les micro-unités de production et de services est un moyen efficace pour leur permettre de mieux gagner leur vie et que cet accroissement de compétences permettant à ses bénéficiaires de passer d’une activité de survie et de précarité à une véritable dynamique d’emplois et de richesses contribuera, globalement, à relever le niveau de vie de la population haïtienne.

Quelle formation offrir ?

En Haïti,  la population est définitivement consciente du fait que, l’offre de travail étant largement insuffisante par rapport à la demande, il vaut mieux savoir créer sa propre activité que d’attendre une opportunité d’emploi. Aussi, une formation à l’esprit d’entreprise est-elle peu nécessaire dans un pays où plus de deux tiers des citoyens actifs sont leurs propres patrons et où le secteur informel est de loin le plus grand employeur[5]. Le problème se situe toutefois dans la capacité de ces micro-entrepreneurs à gérer les activités ainsi créées. D’où la nécessité d’une formation visant à donner aux promoteurs de micro-activités les moyens, au pire, de générer les moyens de leur subsistance et, au mieux, d’entrer dans une spirale vertueuse de bonne gestion et d’investissement dans une activité durable ; soit un système de formation capable de :

–        Mettre en place un système et des modules de formation répondant aux besoins de qualification et de formation des bénéficiaires

–        Mieux connaitre, exploiter  et améliorer les modes d’acquisition des connaissances et des compétences dans le secteur informel

–        Mettre en place des expériences de formation innovantes susceptibles de stimuler l’économie informelle haïtienne

–        Structurer l’offre de formation en fonction de la demande

Le programme de formation est ainsi divisé en quatre étapes permettant d’atteindre les objectifs précités :

–        Analyse des besoins et construction interactive des modules de formation

–        Renforcement des capacités des bénéficiaires en gestion d’entreprise, marketing, approvisionnement, gestion des stocks, calcul des coûts, comptabilité, planification financière, gestion familiale …

–        Formation QSE (qualité, santé/sécurité et environnement) et à la gestion de licence Manje Lakay

–        Suivi et évaluation de la performance de chaque micro-franchise

La formation GERME

À quelques différences près, le programme de formation GERME (GERer Mieux votre Entreprise)[6] offre cette formation « basée sur la création et une meilleure gestion des petites entreprises comme stratégie pour créer plus et de meilleurs emplois ». Avec environ 4,5 millions de personnes formées, un réseau de 170 000 formateurs et de 200 maitres-formateurs dans 2500 institutions partenaires, ce programme de formation de l’OIT est l’un des plus importants programmes de formation en gestion à destination des petites et micro-entreprises. Initialement développé dans les années 80, par l’agence suédoise internationale de développement (SIDA) pour le compte de l’OIT, il a depuis été traduit dans plus de 40 langues et utilisés dans plus de 100 pays.

siybmonde

Figure 1: Le programme SIYB dans le monde. En vert, les pays où le programme a été introduit. Les bulles rouges indiquent le nombre de maitres-formateurs installés dans un pays. 1-5 ; 6-10 ; 11-20 ; 21-30 ; plus de 100.

Les objectifs à court terme sont de, grâce à une approche par étapes consolidées :

–        Permettre à des fournisseurs de services de développement d’entreprises locales (BDS) d’aider et d’accompagner, par la formation, la création et le développement d’entreprises.

–        Permettre à des micro-entrepreneurs, existants et potentiels, de créer, à travers ces BDS, des entreprises viables, d’accroitre la viabilité des entreprises existantes et de créer, conséquemment, des emplois de qualité pour les autres.

La formation GERME sera offerte en complément de modules à établir par notre Faculté des Sciences Économiques et Administratives. Des négociations ont été entreprises auprès de l’OIT pour que l’université Quisqueya devienne une institution partenaire SIYB.

Les micro-franchises Manje Lakay

Toutefois, il n’y a pas d’efficacité de la formation sans soutien direct à la création d’activités. Avec les micro-franchises Manje Lakay l’université Quisqueya, à travers sa Direction des Affaires Étudiantes et du volontariat social, va au-delà de la formation professionnelle d’opérateurs du secteur informel pour atteindre à la sécurité de l’emploi en mettant sur pied un système d’encadrement et de promotion des produits et services offerts par les machan manje kuit.

Chaque micro-franchise fonctionne comme une affaire individuelle pouvant générer un retour sur investissement (ROI) confortable. Comme pour toute franchise à succès, les détenteurs de la licence Manje Lakay devront suivre certaines procédures et un système de gestion visant à garantir la qualité et maintenir la réputation du label Manje Lakay. Ces procédures seront suffisamment flexibles pour s’adapter aux besoins des bénéficiaires tout en maintenant les exigences de qualité de la franchise.

La mise en place de la micro-franchise Manje Lakay participe de la volonté de l’université Quisqueya, à travers sa Direction des Affaires Étudiantes et du volontariat social (daé), de mettre fin au cycle de la pauvreté où les pauvres ne produisent que pour les pauvres, grâce notamment, aux avantages suivants :

–        Faibles coûts de démarrage

–        Formation gratuite

–        Lignes de crédit

–        Service d’inspection

–        Système d’approvisionnement et de distribution

–        Identité de marque et support aux franchisés

Les micro-franchises Manje Lakay sont des échoppes de nourriture spécialisées dans la cuisine locale. Elles se forment et s’adaptent au commerce existant de manje kuit en offrant un espace pratique, attirant et approprié à la cuisson et à la vente de nourriture et respectant les règles d’hygiène, de sécurité et de qualité globale des produits et services offerts. Conçues par des étudiants de la Faculté des Sciences, de Génie et d’Architecture de l’université Quisqueya, ces échoppes se caractérisent par leur fonctionnalisme et leur capacité à s’insérer facilement dans le secteur informel de la restauration tel qu’il se présente actuellement.

L’expertise uniQ

Le projet Manje Lakay fait appel aux compétences de l’université Quisqueya et de ses six facultés, avec une emphase particulière sur la participation des étudiants de celles-ci :

–        La Faculté des Sciences de Génie et d’Architecture (FSGA), pour la conception et la construction des échoppes/ la conception et la mise en place du système d’approvisionnement et de distribution/ la conception et la mise en place du système de gestion et de traitement des déchets / la mise en place du système d’inspection

–        La Faculté des Sciences de la Santé (FSSA), pour l’élaboration des modules de formation en hygiène, santé et assainissement/ l’élaboration et la mise en œuvre du système d’inspection

–        La Faculté des Sciences de l’Agriculture et de l’Environnement (FSAE), pour la mise en place du réseau d’approvisionnement

–        La Faculté des Sciences Économiques et Administratives (FSEA), pour la formation à la gestion d’entreprises/ la formation QSE/ le renforcement des capacités managériales

–        La Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP), pour la formation en droit commercial/ l’établissement des contrats/ l’établissement des partenariats/ la promotion à l’international

–        La Faculté des Sciences de l’Éducation (FSED), pour les aspects culturels/ la sensibilisation/ l’inclusion sociale

La Direction des Affaires Étudiantes et du volontariat social (daé) porteuse du projet coordonne son exécution et est chargée de la conception et de la promotion de la franchise et du label Manje Lakay.


[1] Cf. Walther, R., Gauron, A., (2006),  Le financement de la formation professionnelle en Afrique, Étude de cas sur cinq Fonds de la formation, DGCID, Paris.

[2] Littéralement poignards. Désigne des prêts usuriers à un taux de 25% par quinzaine (de jours).

[3] Littéralement « nourriture bien de chez nous ».

[4] Depuis janvier 2011, l’université Quisqueya offre, en collaboration avec la Fondation Claire Heureuse et les machann manje kuit de Turgeau, le Konbit Soup Lendepandans, une distribution gratuite de la soupe du 1er janvier par les machann manje kuit aux riverains de la zone.

[5] Statistiques haïtiennes sur l’emploi à trouver.

[6] Aussi connu sous l’acronyme SIYB (Start and Improve Your Business)- http://www.ilo.org/empent/areas/start-and-improve-your-business/lang–en/index.htm

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